"Mercure & Cie" à Bliesbruck jusqu'au 16 octobre

Publié le 1 Mai 1991

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Culte et religion dans une maison romaine




"Mercure & Cie" est la prochaine exposition proposée par le Conseil Général de la Moselle au Parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim. Ou quand le maître de maison négociait avec les dieux gallo-romains ... À voir du 1er mai au 16 octobre 2011.

Mercure, dieu du commerce et des voyages, accompagnait et protégeait les Gallo-Romains pendant leurs pérégrinations ; il était aussi le messager des autres dieux. Ce personnage mythologique est au cœur de l'exposition organisée au Parc Archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim, entouré de nombreuses autres divinités, notamment celles qui protégeaient le foyer et la famille. Le culte rendu à l’empereur, les vœux émis pour obtenir les faveurs des dieux ou déesses ou pour chasser le mauvais sort, l’emploi de la magie et des sortilèges... n'auront plus de secret pour le public.

Afin d'obtenir la réalisation de ses vœux de prospérité, chaque communauté, sous la conduite du pater familias, pratiquait des rites et faisait des sacrifices et des offrandes à des divinités. Ces cérémonies se déroulaient au cœur de la maison, face aux images en bronze, pierre et terre cuite des divinités. À l’époque romaine, les gens avaient une attitude très pragmatique vis-à-vis de la religion : les prières étaient toujours accompagnées d'offrandes afin de s'assurer que le dieu accorde santé, richesse, bonheur ou amour.

À travers la restitution d'une maison romaine, entouré de statues et de nombreux objets, le public découvrira la religion et les cultes pratiqués dans l'Antiquité, réalisant un véritable voyage dans le temps. L’exposition, créée en 2010 par le musée d'histoire ancienne de Zug en Suisse, présentera en outre des collections des musées allemands de Spire, Trèves et Sarrebruck, et des musées français de Nantes, Chartres, Deneuvre, Metz et Dijon.

La petite histoire - Cette exposition est née suite à deux découvertes récentes effectuées en Suisse. En 2004, près de Cham-Hagendorn, plus de 20 petites statuettes de déesses-mères sont déterrées, puis, en 2008, à Baarburg, les archéologues retrouvent une petite statuette de 9 cm de haut représentant le dieu Mercure. Ces deux trouvailles exceptionnelles ont donné l’impulsion pour proposer au public une nouvelle approche de la religion et des pratiques cultuelles dans l’empire romain. Au total, les différents musées archéologiques suisses ont prêtés plus de 150 objets.

Le dieu Mercure est le point central de cette exposition. Dans les provinces romaines du nord des Alpes, notamment en Suisse actuelle, ont été découverts de nombreux objets à l’effigie de Mercure. César dans son "Commentaire sur la guerre des Gaules" écrivait que Mercure était le dieu le plus honoré dans ces régions. Il était particulièrement apprécié par les Gallo-Romains, essentiellement parce qu’il était le dieu du commerce, des gains et de tout ce qui concernait l’argent. Son influence s’étendait de la Grande-Bretagne au Danube, dans toute la partie nord de l’Europe. Le négoce, le commerce et l’artisanat tenaient une place importante dans ces régions.
Mercure était fréquemment invoqué dans les cultes domestiques. Il est souvent représenté sous les traits d'un jeune homme nu et imberbe, un manteau jeté en partie sur l’épaule, tenant une bourse dans la main (marsupium). Le caducée -bâton avec deux serpents entrelacés- est également l'un de ses symboles. Son couvre-chef et ses chaussures ailés le représentent en tant que messager des dieux. Mercure est souvent accompagné d’animaux tels que le bélier, la chèvre, le coq ou la tortue, parfois aussi le sanglier.

Scénographie - Les objets sont le fil rouge de cette exposition ; ils permettent de présenter les différentes étapes de la pratique religieuse. Leur diversité montre la complexité du culte et l’importance de chaque geste et de chaque parole. Seront exposés des laraires en bois, des autels en pierre, de la vaisselle utilisée lors des rites, des statuettes de dieux ou de déesses en bronze, en argile, en bois ou en tout autre composé organique. La scénographie est très travaillée. Elle allie objets trouvés et restitués, murs illustrés et textes descriptifs, afin de faire partager au visiteur la vie religieuse dans une maison romaine et d’avoir l’illusion d’un véritable aménagement intérieur. Elle tisse un lien entre les objets présentés et les illustrations. 

Les rites - Le rapport entre les Gallo-Romains et les dieux est très rigoureux et suit des rites très stricts. On sacrifie des offrandes à une ou plusieurs divinités afin de s’attirer les faveurs de ces dernières ou de leur soumettre une requête. Souvent on y associe une promesse tenue une fois que la requête est réalisée par le dieu. Quels sont les souhaits des Romains ? Santé, richesse, chance, réussite, bonheur familial. Ces vœux sont encore très actuels. L’autel était le point central des rites cultuels. Il pouvait être fixe ou mobile, de format différent. Le feu tenait également une place importante puisque l'on y jetait les restes de repas destiné aux dieux. Le père de famille réalisait les gestes. La tête voilée par sa toge afin d’éviter toute distraction, il se plaçait devant l’autel ou le laraire. Il apposait des couronnes de fleurs ou des herbes aromatiques, du vin, des essences, des monnaies et des denrées alimentaires. À quelques rares occasions, un animal était sacrifié. Le pater familias pouvait également faire des demandes aux dieux en même temps qu’il sacrifiait. À côté des dieux traditionnels, notamment la triade capitoline (Jupiter, Junon et Minerve), on trouvait au sein de la maison les Lares, le Génie et les Pénates. Les Lares sont les dieux protecteurs du foyer ; ils sont généralement représentés par deux et peuvent tenir des cornes d’abondance. Le Génie est uni à la personne et accompagne le maître de maison tout au long de sa vie. Les Pénates sont davantage des esprits, notamment les esprits des ancêtres chargés de protéger la famille.
Dans l’Antiquité, les Romains étaient particulièrement tolérant à l’égard des autres pratiques religieuses ; seul le culte impérial était obligatoire. Ainsi, les Gallo-Romains pouvaient choisir librement leur religion. Le contact entre les dieux romains et les dieux celtes vont produire des dieux mixtes, souvent reconnaissables à leurs deux noms, le premier d’origine latine, le second d’origine gauloise : Apollo Grannus ou encore Mercurius Cissonius.

Les objets - De nombreux objets étaient incorporés dans les cérémonies : les vases à serpents servaient de récipients pour les libations, le serpent étant le symbole de la renaissance et de la fertilité, avec une connotation protectrice. Dans le brûle-parfum, on brûlait des essences odorantes comme de l’encens ou de l’huile, parfois aussi des aliments. Les récipients anthropomorphes avec des visages stylisés et grotesques étaient probablement utilisés pour les libations de vin, de bière ou d’hydromel. La lampe à huile était également utilisée dans le cadre du rite cultuel. Les instruments de musique comme des cloches, les flûtes et les hochets (le sistre) soulignaient et rythmaient le déroulement du rite.
 
Magie - Parfois le rite ne suffisait pas et on invoquait la magie. La formule "abracadabra" parvenue jusqu’à nous est attestée dès le 2e siècle ap. J.-C., mais elle est sans doute plus ancienne. Par des gestes et des formules, on cherchait à se protéger des démons ou à obtenir des faveurs. La divination est largement répandue tant au niveau de l’empereur qu’auprès des gens plus modestes. De nombreuses têtes animales et des cornes ont été retrouvées, montrant ainsi la place faite à la divination. La croyance conférait aux crânes d’animaux des pouvoirs magiques. Ils étaient souvent placés au-dessus des portes de maisons ou de granges pour éloigner le mauvais œil.


Côté pratique :

L’entrée est gratuite jusqu’à 16 ans.
Exposition du 1er mai au 16 octobre 2011.
 Le parc est ouvert tous les jours de 10h à 18h du 13 mars au 31 octobre 2011.
Plein tarif 5€, tarif réduit, 3,50€ et gratuité jusqu'à 16 ans. Le tarif réduit s'applique aux étudiants, aux + de 65 ans, aux RMIstes, aux demandeurs d'emplois, aux ambassadeurs de Lorraine, aux familles nombreuses sur présentation d'un justificatif. L’exposition est accessible sans supplément de prix.
Informations, réservations, renseignements :
Parc Archéologique Européen de Bliesbruck-Reinheim, 1, rue Robert Schuman à Bliesbruck
Tél : +33 (0)3 87 35 02 20 / Fax : +33 (0)3 87 35 02 20
Courriel : bliesbruck@cg57.fr


 

 

 

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Ensemble de statuettes de divinités en terre cuite blanche.

Crédits photo : Museum für Urgeschiste(n) Zug, Res Eichenberger

 

 

 

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Crédits photo : Atelier Bünter Hund Zurich

Rédigé par Conseil Général de la Moselle

Publié dans #Archéologie - Parc européen de Bliesbruck-Reinheim

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