John Churchill, duc de Marlborough (1650 – 1722)

Publié le 20 Août 2009

John Churchill, "L’homme le plus fatal à la grandeur de la France", comme l’écrivit plus tard Voltaire, est né le 24 juin 1650.

Page du duc d’York, futur roi d’Angleterre sous le nom de Jacques II, John Churchill grandit à l’ombre du pouvoir. A l’accession au trône de Jacques II, Churchill est nommé brigadier général et pair d’Angleterre, puis en 1685, il est élevé au grade de major général. En 1688, il rallie le protestant Guillaume d’Orange lors de la "Glorieuse révolution" qui chasse le roi catholique Jacques II.

Il se marie en 1678 à Sarah Jennings. Son épouse est une confidente d’Anne Stuart qui succédera à Guillaume III sur le trône d’Angleterre en 1702. L’influence politique que joua alors la femme de Marlborough est des plus importante dans le royaume. Le couple témoigne sans aucun doute d’une grande ambition.

Mais loin d’être seulement un homme de cour ou d’intrigues, Marlborough est avant tout l’un des plus brillants généraux de son temps. Fin tacticien, il mena souvent ses troupes à la victoire.

Entre 1689 et 1691, lors de la guerre de la Ligue d’Augsbourg, il se bat sur le continent contre la France. C’est lors de la guerre de Succession d’Espagne que son génie militaire va prendre toute sa dimension. Le roi Guillaume III lui confie en 1701 le commandement de l’armée hollandaise. Il remportera de nombreuses batailles et prit de nombreuses places fortes. Le roi le fera duc après la prise de Liège (1702). La bataille de Blenheim (13 août 1704) qu’il remporte contre Villars, est un tournant important de la guerre, forçant la France à la défensive. Il battit sévèrement Villeroy à la bataille de Ramilies (23 mais 1705) et il reprit le contrôle des Pays-Bas. Il devient alors le généralissime incontesté des troupes alliées.

Marlborough se bat souvent en première ligne et il est apprécié par la troupe. Il sait prendre soin de ses subordonnés qu’il aime récompenser. Il contribue incontestablement à la modernisation de l’armée anglaise. Connu pour sa courtoisie et un flegme très britannique, on l’a surnommé "le bel Anglais" !

L’armée des Alliés souffrit des divisions et des dissensions internes qui empêchèrent souvent Marlborough d’arriver à ses fins. La campagne de juin 1705 sur la Moselle est à ce point de vue significative. Marlborough attendait les renforts du Prince Louis de Bade qui ne vinrent pas. Les alliés de Marlborough, Allemands et Hollandais auraient préféré marcher sur Sarrelouis plutôt qu de se battre contre Villars. Enfin, cette indécision et ces divergences furent aggravées par des difficultés d’approvisionnement.

Après 1707, la guerre s’enlise quelque peu, mais le duc bat les Français à Audenarde (11 juillet 1708). Il remporte toutefois très difficilement et avec des pertes importantes la bataille de Malplaquet face à Villars (11 septembre 1711). Sans réussir à vaincre l’armée de Louis XIV, le duc réussit à prendre encore plusieurs villes : les Français faiblissent …

En 1711, les Tories, adversaires de Marlborough, accèdent au pouvoir. Il est alors disgracié en décembre 1711 par la reine Anne, accusé de prolonger la guerre pour s’enrichir. Il s’exile en Allemagne en 1712 avant de rentrer en Angleterre en 1714, rétabli dans son honneur.

Alors qu’il est en exil, Marlborough fait éditer un livre, La conduite de son altesse le Prince et Duc de Marlborough, pour se défendre des accusations portées contre lui. Il y est fait allusion à la campagne de juin 1705 en ces termes :

"Les Alliez campèrent le jour même à un Mille de Sirk [Sierck], & le lendemain à Elft [Eft], pendant que les ennemis se retirèrent à Königs-Macheren [Kœnigsmacker], où, non contens d’occuper un Poste fort avantageux, ils se retranchèrent si bien, qu’il étoit impossible de les y attaquer avec quelque apparence de succès."

Retiré des affaires, Marlborough passe ses dernières années à Blenheim Palace, immense Palais qu’il fit construire de 1705 à 1722 à Woodstock, au nord d’Oxford, sur des terres offertes par la reine Anne en récompense des services rendus. Il meurt le 16 juin 1722.


Rédigé par Conseil Général de la Moselle

Publié dans #Château de Malbrouck

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