"Céramique japonaise : sobriété et irrégularité" jusqu'au 20 mars

Publié le 31 Octobre 1990

- Derniers jours ! - 

 

Le Conseil Général de la Moselle organise au Musée départemental Georges de La Tour de Vic-sur-Seille (Moselle) une exposition sur la céramique japonaise. Elle bénéficie de la participation du musée Guimet et présente une esthétique majeure dans l'art japonais  :  le wabi  sabi -sobriété mélancolique- et son évolution jusqu'à nos jours, ou la beauté de l'imperfection dans la cérémonie de l'art du thé. À découvrir du 31 octobre 2010 au 20 mars 2011.

L’exposition "Céramique japonaise : sobriété et irrégularité" fera découvrir l’esthétique du dépouillement dans la céramique de la cérémonie du thé du XVIème siècle jusqu'à nos jours. Cette esthétique, fondée sur la pensée bouddhiste zen reflète le culte des Japonais pour la nature, sa puissance et son imperfection, ainsi que leur amour pour l'objet, la matière et la beauté cachée.


La notion de wabi sabi désigne historiquement un goût pour le dépouillement extrême des objets. Il connaît son apogée pendant l'époque Azuchi Momoyama (1573-1603). L'idéal de sobriété et d'iirégularité est recherché, parallèlement à un ,art plus sophistiqué à travers les siècles suivants, jusque dans la création contemporaine.


Favorisée par les grands maîtres de la cérémonie du thé au XVIème siècle, cette esthétique fut déterminante dans la céramique, art majeur au Japon, et influença, non seulement les autres domaines artistiques dans ce pays, mais également l'art occidental.

 

Cette exposition fera découvrir des objets inédits. Elle  présentera des pièces habituellement exposées séparément et mettra ainsi en lumière les lignes de continuité et de rupture dans l'esthétique du dépouillement. Elle présentera des pièces d'artistes "Trésors Nationaux Vivants", titre suprême conféré par le gouvernement japonais.

Elle interrogera l'art nippon et le goût pour la simplicité et la nature, si essentiel au Japon et si actuel aujourd'hui en Occident, comme les dialectiques "tradition/modernité" et "objet d'art/objet d'art décoratif".Au Japon en effet, cette dernière frontière n'existe pas ; plus un objet est utilisé et patiné (notion de sabi), plus il est apprécié, ce qui explique les restaurations ostensibles réalisées à la laque dorée.


80 pièces.

L'exposition s'articule autour de 80 pièces de céramique de la cérémonie du thé, du XVIème siècle à aujourd'hui. Une cinquantaine d'objets sont réalisés en grès, une trentaine dans la technique et la tradition de la dynastie Raku, héritière directe des idéaux esthétiques wabi sabi du XVIème siècle et représentée actuellement par la 15ème génération.

Les céramiques proviennent de collections particulières et de grands musées : le Musée Cernuschi, Sèvres-Cité de la Céramique, le Musée des arts asiatiques Guimet, les Musées des Arts décoratifs de Paris et le Musée des arts asiatiques de Nice. Beaucoup de pièces privées et publiques sont présentées pour la première fois.



Visite guidée



Le parcours s'étend sur deux étages du musée.


Le grès : une séquence consacrée aux grès présente les pièces par leurs fours de provenance et leurs caractéristiques. Aux six fours dits anciens et aux céramiques de Mino, connues pour leurs couvertes appliquées et leurs recherches stylistiques, succèderont les nouveaux fours inspirés de l'art coréen, privilégiant les contrastes de couleurs aux décors dans les couvertes.


Le raku : un seconde séquence expose les céramiques Raku en mettant parallèlement en valeur la continuité de l'esthétique wabi sabi dans la tradition Raku depuis le XVIème siècle et la variété des pièces dans la subtilité de leurs formes, de leurs glaçures et de leurs textures.


La création contemporaine : l'exposition se termine par quelques créations contemporaines d'artistes qui ont ressuscité à leur manière les productions anciennes comme KITAOJI Rosantin (1883-1959) ou FUJIWARA Kei (1899-1983) et son fils Yù (1930-2001), tous deux désignés "Trésors Nationaux Vivants" par le gouvernement japonais.


La cérémonie du thé : une mise en scène de la cérémonie du thé et un film mettent en lumière l'importance de ce riituel dans l'esthétique du dépouillement et offrent une respiration dans le parcours.


Gallé : cette exposition s'inscrit à la suite de l'exposition "Émile Gallé, nature et symbolisme. Influences du Japon" qui questionnait en 2009 l'art du Pays du Soleil Levant. Gallé possédait personnellement des bols à thé japonais et avait réalisé des pièces de la cérémonie du thé. Il avait très bien saisi l'importance de l'esthétique du toucher dans l'art nippon. Même si l'artiste lorrain, dans ses oeuvres très élaborées, incorporait des angles très variés de l'art japonais, il appréciait la dissymétrie et l'imperfection, laissant souvent la place au hasard dans l'expérience de la création, à l'image des potiers japonais laissant les éléments naturels créer leur propre alchimie dans les fours.


Le "raku" occidental.

La technique dite "raku", dans sa conception occidentale, est très à l'honneur en Europe et en Amérique où ce terme désigne aujourd'hui diverses créations à caractère libre, dont le point commun réside dans la cuisson à basse température et dans la rapidité du refroidissement des pièces au sortir du four. La singularité de chaque pièce est recherchée dans la variété des processus d'enfumage (enfouissement dans les feuilles mortes ou dans la sciure de bois, utilisation d'huile ou d'imprimés...). Les ateliers d'artistes produisant des "raku" et des grès d'influence chinoise et japonaise se multiplient, ainsi que les activités "raku" proposées dans les Maisons de la Culture et de la Jeunesse en France.


Animations : l'exposition sera accompagnée de conférences, de visites et d'ateliers pour tous les publics -enfants dans un contexte scolaire ou familial, adultes, MJC, établissements spécialisés....-. Des démonstrations et des ateliers de création et de cuisson du "raku" seront également proposés, ainsi que des visites "tactiles" où le public sera invité à prendre en mains des céramiques japonaises, prêtées par des collectionneurs privés et non exposées, afin de saisir l'importance de l'esthétique du toucher.

 

Côté pratique :
Ouverture du mardi au dimanche de 9 H 30 à 12 H et de 13 H 30 à 18 H.
Tarifs : 4 € plein tarif, 3 € tarif réduit. 5 € billet couplé avec le Musée départemental du Sel de Marsal.
Musée départemental Georges de La Tour, place Jeanne d’Arc à Vic-sur-Seille.
Renseignements et réservation au 03 87 78 05 30.


 


Cette exposition a été conçue par Maxence KOZAK, commissaire scientifique, Christine TOURNEUX, co-commissaire, assistante de conservation , et Gabriel DISS, Conservateur en Chef.

 

 

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Jarre tsubo, XVIII-XIXème siècle
Musée des arts asiatiques – Guimet
(C) RMN (Musée Guimet, Paris)

 

 

 

 

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Bol raku rouge, période Edo (1603-1868)
Décor de spirale, four Ohi
Musée des arts asiatiques – Guimet
(C) RMN (Musée Guimet, Paris)

 

 

 

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Bol raku rouge, IXème génération (1811-1834)
Musée des arts asiatiques – Guimet
(C) RMN (Musée Guimet, Paris)

Rédigé par Conseil Général de la Moselle

Publié dans #Expositions

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boîte à bento 16/01/2013 13:11

La poterie et céramique japonaise possèdent une histoire particulièrement riche.